vendredi 6 juin 2014

Salmacis, T1 : L'Elue




Couverture de Salmacis, tome 1 : L'élue
Auteur : Emmanuelle de Jesus
Edition : Hachette Black Moon 
Prix : 16E

Résumé


« J'ai levé les yeux : à trois mètres au-dessus de moi, Andrea me fixait, m'encourageant à le rejoindre. Nos regards se sont noués. Il avait des yeux incroyables, à l'iris violet, frangés de longs cils très noirs, que l'on aurait dits maquillés, une bouche en arc, sensuelle. Il a esquissé un sourire... Ma dernière vision avant de perdre l'équilibre. »

Toute sa vie, Faustine Sullivan, seize ans, s'est contentée d'une place à l'ombre de son frère jumeau. Mais c'est à la mort de ses parents, dans un pensionnat perdu dans la montagne, qu'elle trouve l'envie d'exister.

Quelle est cette force irrésistible qui l'attire vers le mystérieux Andrea ? Et comment imaginer qu'en cédant à ses sentiments, Faustine risque de se brûler les ailes ?

 Mon avis

Voilà, un livre que j’attendais avec impatience et qui n’a absolument pas déçu mon attente. J’ai été soufflée et je félicite De Jésus d’avoir gagné ce tremplin Black Moon. Elle le méritait amplement ! Pourquoi ? Déjà grâce à l’univers créé qui est si bien réussi et travaillé ;  à tel point que je pouvais me croire, moi aussi, élève dans ce pensionnat sélect. Les personnages sont incroyables réalistes eux aussi et au fil du récit s’affirment pour devenir vraiment indépendants. C’est surtout le cas de l’héroïne, Faustine, 17 ans, qui vient de perdre sa mère car celle-ci ne supportait plus de vivre sans son mari mort lors du 11 septembre 2001. Les tuteurs légaux sont donc sa tante et son compagnon ; mais ceux-ci sont inquiets de s’occuper de Faustine et de son jumeau, aussi, les inscrivent-ils dans un pensionnat près de chez eux. Et, dans ce pensionnat, comme dans tout établissement, un sport domine. Faustine a toujours été l’ombre de son frère mais grâce au sport, elle va enfin pouvoir s’en détacher car elle va s’illustrer dans la discipline qui est la mieux côtée : l’escalade. C’est durant ce cours d’escalade qu’elle fait la connaissance du charmant mais énigmatique Andréa, assistant de leur professeur tyrannique (qui, j’en suis sure, vous fera rire par son cynisme). Tout aurait été parfait si Andréa ne cachait un lourd secret qui remet tout en cause…

Je ne veux pas vous en dire plus pour ne pas vous spoiler car le suspens est maintenu tout le long du roman et il est vraiment difficile de trouver de quoi il est question ; il serait donc dommage de vous en dire plus et de gâcher le roman et le travail de recherche et la culture de De Jesus qui m'a vraiment épatée. J’ai beaucoup apprécié Faustine qui, si au début est exaspérante, devient une héroïne comme on les aime : leader drôle, et par moments même cynique, mais par-dessus tout, une protagoniste indépendante. Elle se construit au fil du roman et c’est un vrai régal de la voir évoluer et s’imposer sous nos yeux. Andréa n’est pas tellement présent, ce qui est dommage car il a l’air d’être un personnage tout à fait intéressant. D’un autre côté, je comprends l’auteure : en ne lui donnant que de brèves apparitions, elle le rend mystérieux à Faustine ainsi qu’à nous même, ce qui crée une identification à l’héroïne : quand il apparait on est attentif et on guette avec impatience ses brèves mais intenses apparitions qui laissent toujours plus de questions qu’elles n’en apportent. En gros, on est aussi paumé qu’elle, ce qui est loin d’être désagréable. Mais ce que j’ai le plus apprécié (à part le prof de sport qui est vraiment, je le répète, très drôle) c’est l’écriture qui arrive à concilier romance et suspens et qui nous met dans le même état que l’héroïne : on spécule, on soupçonne mais on ne trouve pas, c’est impossible. Et pour cause !  C’est du jamais vu ! Ce qui apporte un vrai coup de frais dans la littérature jeunesse. J’ai été totalement séduite par le concept et je ne doute pas que d’autres le seront. Pour citer le blog Notre petite bulle, « nos auteurs ont du talent ! » ^^

En revanche, je ne sais que penser de la fin qui nous laisse bien trop sur notre faim et même si je me doute que c’est une volonté de l’auteure, ça ressemble beaucoup trop à une fin commerciale assez classique qui semble dire : « vous voulez savoir hein ? Eh bien lisez le tome 2 car vous ne pourrez pas deviner ». C’est bien trop semblable à la fin d’un épisode de soap-opéra qui tente de fidéliser ses auditeurs. Cependant, je dois dire, que c’est réussi : vivement le tome 2 !! Mais cela gâche un peu l’originalité du roman même si ce détail est vite oublié face à l'intrigue créé et développée d'une main de maitre. Et l’avantage de lire une auteure française ? C’est que le tome suivant sort le 1er octobre prochain ce qui est assez tôt quand l’on pense aux traductions et au temps qu’il faut pour les éditer...