lundi 23 juin 2014

L’été des secondes chances




Couverture de L'été des secondes chances
Auteur : Morgan Matson
Edition : Hachette (collection : Bloom)
Prix : 16E

Résumé

Taylor a une manière bien à elle de traiter ses problèmes personnels : elle les fuit.

Mais lorsque son père, atteint d’un cancer, décide de passer son dernier été en famille dans leur maison de vacances, la jeune fille ne peut se dérober.

C’est là, cinq ans plus tôt, qu’elle avait laissé sa meilleure amie, Lucy, et son premier amour, Henry, avec la ferme intention de ne plus jamais les revoir.

Cet été est celui de tous les souvenirs…et des secondes chances ?


Mon avis

La fuite, voilà ce qui caractérise Taylor. Elle s’enfuit dès qu’elle rencontre un problème, ou de façon imagée : elle ne saute pas par-dessus, elle préfère le contourner. Ce trait de personnalité lui a déjà coûté cher à 12 ans : sa meilleure amie et son premier amour, Henry. Pourtant, la vie, véritable ironie du sort, va la mettre face à face à son passé sans qu’elle puisse le fuir. En effet, le père de Taylor est malade. Condamné même et il ne sait pas combien de temps il lui reste à vivre avec son cancer du pancréas comme épée de Damoclès au-dessus de sa vie. Aussi, décide-t-il de passer son dernier été avec sa famille dans leur maison de vacances aux Poconos et profiter de sa famille tant qu’il le peut encore. Or, c’est là que Taylor a fait l’expérience de sa lâcheté mais elle ne peut pas refuser cela à son père. C’est ainsi qu’elle retrouve la maison de son enfance avec quelques modifications : Henry est devenu son voisin et il lui en veut toujours autant cinq ans après... Pour couronner le tout, et afin de faire plaisir à son père, elle prend un petit boulot dans un snack mais, manque de chance, sa meilleure amie y travaille aussi. Et tout comme Henri, elle ne lui a pas pardonné ses agissements… La seule chose qu’il lui reste à faire est d’affronter ses problèmes du passé mais aussi ceux du présent.

Contrairement à ce que je croyais, c’est loin d’être une lecture culcul où l’héroïne se lamente en permanence. Il faut reconnaitre que ni le titre, ni le résumé bourré de stéréotypes ne laisse présumer cela mais c’est un livre tout à fait bouleversant. L’histoire d’amour de vacances permet d’alléger l’atmosphère car le père de Taylor souhaite, avant de mourir, se rapprocher au maximum de ses enfants et particulièrement de Taylor, qui est sa préférée. Aussi, l’histoire ne va pas tourner autour du passé de l’héroïne mais plutôt autour de son évolution psychologique et de sa relation avec son père qui est traitée avec douceur et humour en évoquant, notamment, les souvenirs heureux. Mais rassurez-vous, Matson n’insiste pas trop sur le pathétique et le passé de héroïne se manifeste par petits flashbacks attendus avec impatience. De même, la vie de famille n’est pas délaissée ce qui en fait un roman d’été tout à fait satisfaisant qui rappelle de bons souvenirs et crée une atmosphère chaleureuse dans laquelle on se sent à l’aise. L’écriture est donc captivante tant elle aborde une diversité de thèmes (maladie, deuil, premiers amours, amitié…) et qui permet de ne pas nous ennuyer un seul instant ce qui est un exploit car dans ce genre de roman on peut vite tourner en rond. Un livre que je recommande donc fortement si vous aimez tout ce qui touche l’histoire d’amour mêlée au cancer et au deuil qui en découle. D’ailleurs, avis aux amateurs de Jenny Han, je trouve que ce livre est un savant mélange de L’été où je suis devenue jolie avec La fille qui ne croyait pas aux miracles.

Je ne pense pas que la fin appelle à une suite mais s’il se trouve qu’elle en publie une, je la lirai avec plaisir, comme tout autre livre de cette auteure.


Extrait

« - Je ne vois pas l'intérêt de perdre du temps avec des gens qui se révéleront sans importance au final, a-t-il poursuivi sur le même ton.

 Je m'apprêtais à acquiescer et à rentrer, mais quelque chose me tracassait dans ce qu'il venait de dire.

 - Comment peux-tu le savoir ?

 Il s'est renfrogné.

 - Savoir quoi ?

 - Tu dis que tu ne veux pas perdre du temps avec des gens qui se révéleront sans importance.

 Il a opiné à ces mots.

 - Mais comment peux-tu affirmer qu'ils ne compteront pas ? Si tu n'essaies pas ? »



"J'avais oublié la fin de ma phrase, parce que Henry avait retiré son tee-shirt. Bonté divine. Me rappelant soudain que mes lunettes de soleil étaient juchées sur mon crâne, je les ai mises le plus naturellement possible afin de pouvoir l'étudier à loisir sans passer pour une obsédée. Je ne sais pas si henry avait soulevé des sacs de sucre ou de farine à la boulangerie, mais il avait des épaules larges, des bras musclés, des abdos parfaitement dessinés ..."