dimanche 26 mars 2017

Une braise sous la cendre T2



 
Auteur : Sabaa TAHIR
 
Prix : 19E
 
Edition : Pocket Jeunesse (PKJ)

Résumé

"Tu as compris, Laia. Ils nous pourchassent. Il n'y a aucun moyen 
de quitter la ville. La peur est notre meilleur guide, 
elle nous maintiendra en vie."

Elias a toujours voulu quitter Blackcliff pour enfin devenir libre. Mais ce rêve a un prix : Laia, une jeune résistante, lui permettra de fuir s'il l'aide à faire évader son frère, enfermé dans la pire prison de Blackcliff. Malgré le risque, Elias n'hésite pas une seconde et décide de forcer son destin. Traqués par les Martiaux, les fugitifs ignorent que ce voyage les conduira jusqu'au cœur de l'Empire, où des dangers plus périlleux encore les attendent... 

Mon avis

J’ai enfin eu accès au T2 d’Une Braise sous la cendre, mon coup de cœur de l’année 2016 ! J’attendais avec impatience de connaître la suite des péripéties d’Elias, Laia et Hélène qui sont à la fois aux prises avec des forces surnaturelles, un Empereur fou et avec des sentiments qu’ils ne parviennent pas à gérer.

On retrouve Elias et Laia immédiatement après leur destruction du pensionnat de Blackliff, essayant de trouver une sortie pour aller jusqu’à Kauf, pour sauver Darin. Mais la Commande a juré de se venger de son fils et réussi à lui injecter une dose de poison mortel alors qu’il quitte son domaine. Désormais, le temps d’Elias est compté. Parallèlement, Hélène est torturée sur les ordres de Marcus pour connaitre les intentions d’Elias. Soudainement libérée, elle comprend que sa liberté a un prix : Marcus tient sa famille en otage et va épouser sa sœur en attendant qu’elle traque Elias et le ramène pour une exécution publique. Démarre alors un chassé-croisé où les destins s’entrecroisent, chacun en quête de liberté.

Comme dans le T1, ce que j’ai le plus apprécié est le roman d’aventure où la liberté est au centre des préoccupations de nos héros. Laia veut libérer Darin, comme Hélène qui veut secourir sa famille tandis qu’Elias souhaite retrouver l’innocence dont il jouissait avant de devenir un Mask. Les nouveaux personnages qui apparaissent pimentent l’intrigue: Harper apporte la touche de mystère sexy, Shaeva amène le fantastique et Cuisinière sème le vent de la révolte. Mais, au milieu de tous ces personnages en quête de liberté, apparait aussi des monstres directement tirés de l’Histoire : l’Empereur fou et parano nous rappelle Néron, la haine de la Commandante envers les Erudits n’est pas sans nous évoquer celle d’Hitler, le directeur de Kauf et ses expériences morbides nous évoque les « docteurs » nazis… Bref, ce T2 est une fable sur la IIe Guerre Mondiale et nous fait réfléchir. Aussi, la tension monte jusqu’à la dernière partie du livre qui est véritablement glaçante et oppressante. Et n’oublions pas l’objectif caché de la Commandante qui sème le chaos dans sa quête de pouvoir mais dont les intentions se dessinent progressivement, tout comme son passé… Autre fait appréciable : la romance est peu présente et les triangles amoureux également. Heureusement ! Nos héroïnes ont grandi et se battent moins pour l’amour d’Elias ; de même, la jalousie Keenan/Elias s’efface rapidement. Les points de vue changent, aussi on a des changements réguliers de cadres et d’intrigues ce qui en fait un livre complet : avec Hélène on connait les intrigues de cour et la traque, avec Elias on fait face à l’immensité du désert et les horreurs de Kauf tandis qu’avec Laia on doit se confronter au génocide. L’auteure nous rappelle l’histoire mais elle sait aussi poser des problématiques philosophiques : la raison d’Etat prime-t-elle sur tout ? Est-t-on irrémédiablement tâché par ses fautes passées ? Hérite-t-on des qualités et des défauts de ses parents ? Toutes ces questions sont ébauchées mais ne trouvent pas encore de réponse, on attend le T3 pour le savoir ;)

 

En bref

Apprécié
Non-apprécié
-          La maturité des héroïnes nouvellement acquise
-          Les changements de points de vue : changements de intrigue et de cadre
-          Les dilemmes philosophiques qui se posent : l’Empire ou la famille, comment se racheter, le sacrifice humain, les génocides…
-          La réappropriation de l’Histoire : inspiration pour les caractères des personnages et des lieux
-          La cadre qui fait moins référence à l’Antiquité
-          Schéma classique du roman d’aventure

 

Extrait

« Il plonge ses yeux dans les miens et se penche en serrant le bureau de toutes ses forces.

 - Et je veux que ce soit toi qui le tues. Je veux que tu regardes la lumière s’éteindre dans ses yeux. Je veux qu’il sache que c’est la personne qu’il aime le plus au monde qui lui a transpercé le cœur. Je veux que ce geste te hante toute ta vie. Il y a plus que de la haine dans les yeux de Marcus. Pendant un instant fugace, il y a de la culpabilité. Il veut que je sois comme lui. Il veut qu’Elias soit l’équivalent de Zak. Le nom du frère jumeau de Marcus plane entre nous. Nous savons tous les deux ce qui s’est passé sur le champ de bataille lors de la Troisième Épreuve. Tout le monde le sait. Zacharias Farrar a été poignardé dans le cœur par l’homme qui se tient devant moi.

- Très bien, Votre Majesté. Ma voix est forte, impassible. Ma formation est efficace. Je savoure la surprise que je lis sur le visage de Marcus.

 - Tu commences sur-le-champ. Je recevrai des rapports quotidiens – la Commandante a choisi un Garde noir pour nous tenir au courant de ta progression. 

- Loyal", je chuchote. Même si cela signifie le malheur de ma sœur. Même si cela signifie que l'Empire est dirigé par un fou. Même si cela signifie que je dois torturer et tuer mon meilleur ami. "Jusqu'à la mort." »

***

« Un Mask n’est pas créé, il est recréé. D’abord il est détruit. Totalement débarrassé de l’enfant tremblant qui vit au fond de lui. Peu importe qu’il se sente fort. Blackcliff le rabaisse, l’humilie, le rend humble. Mais s’il survit, il renaît. Il s’élève du monde obscur de l’échec et du désespoir afin de devenir aussi terrible que ce qui l’a détruit. Afin qu’il connaisse la noirceur et l’utilise en guise de sabre et de bouclier lors de sa mission qui consiste à servir l’Empire. »

 

A savoir

Vous pouvez retrouver mon avis sur le T1 de la série ici : http://lecturesdunenuit.blogspot.fr/2016/03/une-braise-sous-la-cendre.html

La série est composée de 4 tomes. Elle se nomme en anglais An ember in the Ashes et pour le moment le T3 n’a pas encore de titre. La sortie en anglais n’est donc pas prévue pour demain (je ne parle même du cas de la sortie française…)

mercredi 22 mars 2017

Tout pour se déplaire



 
Auteur : Jen KLEIN
 
Prix : 16,50E
 
Edition : Gallimard jeunesse (collection : Scripto)

Résumé

Il n'y a rien de PIRE

que d'être coincé dans une voiture

tous les matins avec

quelqu'un qui a des goûts musicaux EPOUVANTABLES,

quelqu'un que tout vous pousse à DETESTER...

 

Mais avec qui vous vous sentez si bien !

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à adresser tous mes remerciements aux éditions Gallimard jeunesse pour ce service de presse.

Les oiseaux chantent, le printemps revient et le soleil est au rendez-vous. Et quand on est de bonne humeur, on apprécie un livre léger et sweety comme Tout pour se déplaire. Pour se détendre, ce livre est une petite pépite si l’on aime les romances au lycée. Et pourtant, on évite tous les écueils avec les stéréotypes que l’on connait par cœur, toutes mes félicitations, Jen KLEIN !

June n’est ni l’intello du lycée, ni la plus populaire. Elle se fond au milieu de la masse avec ses amis et son copain. Sa seule particularité est de vivre avec une mère hippie qui l’amène à déménager et à prendre le bus plus de 2h matin et soir pour aller en cours. Et c’est cette même mère qui a l’idée de lui faire faire du covoiturage avec le fils de sa meilleure amie. Or, Oliver est tout ce que June déteste : sportif au physique parfait, il adore ses années de lycée alors qu’elle n’attend que l’université. N’ayant rien en commun et donc rien à se raconter, Oliver lance un débat à poursuivre tous les matins pour lui démontrer que tout est important ; même le lycée. Et au fur et à mesure de ces matinées, June et Oliver vont affronter leur point de vue et changer d’opinion sur l’autre.

Oui, je ne vous le cache pas, le suspens n’est franchement pas au rendez-vous mais qu’importe ? Le livre a tous les éléments de la romance pour ado à la lecture si divertissante. On ne peut pas s’empêcher d’accrocher à cette écriture joyeuse, les joutes verbales de nos personnages et leurs problèmes de jeunes adultes. Jen KLEIN sait nous rappeler nos interrogations d’ado avec ses personnages attachants. Elle sait s’inscrire dans la tradition de ce type de romans mais aussi s’en détacher ; aussi, on retrouve les personnages du genre avec la pompon girl, le sportif, le ténébreux, le gay… Mais aucun d’eux ne correspondent à leur rôle habituel : le sportif est intelligent, la pompon girl vraiment bienveillante, le gay s’intègre partout… Nous sommes loin du schéma de Mean Girls et c’est tant mieux ! Un peu de renouveau ne fait pas de mal. Pour autant, on va quand même retrouver les disputes entre 2 caractères opposés, un huis-clos un peu trop réducteur et une héroïne qui se pose beaucoup trop de questions. Mais, June n’en est pas pour autant irritante, comme on a parfois l’habitude, alors on supporte son incertitude de bon cœur. Sans compter qu’elle a beaucoup d’humour et un franc-parler que l’on apprécie. Quant à Oliver, il est parfaitement réussi dans son côté sportif au grand cœur mais qui sait s’affirmer et qui sait avoir de l’autodérision. Leurs échanges sont donc mûrs et spirituels et nous font poser des questions. Car oui, vous avez plusieurs niveaux de lecture pour chaque âge du lectorat et c’est ça qui est bon ! A lire pour fêter le printemps J

En bref

Apprécié
Non-apprécié
-          Des échanges travaillés entre June et Oliver, avec des personnages tout aussi bien travaillés
-          Des personnages qui collent au genre de la romance au lycée mais qui savent s’en détacher
-          Ecriture entrainante soucieuse du détail qui sait nous rappeler nos années lycée
 

 

Extrait

« - On ne va pas lui faire de mal !

-          Ah vraiment ? Vous allez lui filer des médicaments destinés aux humains rien que pour vous amuser, toi et ta bande de potes bodybuildés, et ça ne va pas lui faire de mal ?

Oliver lève la main droite du volant, et lentement, trèèèèèès lentement, il fléchit l’avant-bras pour montrer son biceps.

-          Ce que je retiens de tout ça, c’est que tu me crois bodybuildé.

Je n’essaye pas le moins du monde de jeter un coup d’œil sur son biceps, mais enfin, il est là, sous mon nez, et il tend drôlement la manche du tee-shirt.

-          Pas drôle.

-          Si c’est drôle, un petit peu.

Je lève les yeux au ciel mais Oliver regarde la route et ne me voit pas ? Alors je suis obligée de me pencher vers lui pour être au moins à la périphérie de son champ de vision, et je recommence. Avec un maximum d’effets.  

Oliver éclate de rire »

dimanche 19 mars 2017

Le Manoir T1 – Liam et la carte d’éternité



 
Auteur : Évelyne BRISOU-PELLEN
 
Prix : 16E
 
Edition : Bayard Jeunesse  

Résumé

Après une grave maladie, Liam, 15 ans, est envoyé en convalescence dans un manoir isolé. Cette maison de repos, où il n’y a ni téléphone ni électricité, semble aussi abriter une section psychiatrique. En effet, l’un des pensionnaires se prend pour Léonidas, roi de Sparte ; un autre pour un pirate ; une jeune fille s’habille comme au Moyen Âge et une autre comme au XIXe siècle. Enfin, Liam apprend que des malades dangereux sont enfermés dans une pièce secrète de la maison. Il cherche à s’enfuir du Manoir, sans succès. Il renonce finalement à ce projet, d’autant qu’il a sympathisé avec Cléa, une jeune fille de son âge, qui semble profondément triste, mais saine d’esprit. Peu à peu, Liam va comprendre que tous ces pensionnaires sont morts, qu’ils sont des fantômes. Chacun doit régler un problème avant de pouvoir partir dans l’au-delà. Un jour, Liam découvre dans le bureau du directeur du Manoir une “carte d’éternité”. Sur cet écran géant, on voit en temps réel ce qui se passe dans le monde des vivants. Liam est le seul à pouvoir remonter le temps en agissant sur cette carte. Il va ainsi aider plusieurs pensionnaires à résoudre le problème qui les retient au Manoir…

 

Mon avis

Bien que je connaisse le nom et la couverture du roman, j’avoues que je ne m’y étais jamais intéressée mais, grâce à l’organisation de La nuit de la Lecture dans un café où je bosse, j’ai dû me plonger dedans. Je ne m’attendais à rien de particulier, aussi, j’ai été très agréablement séduite par le cadre et son personnage sans que rien de bien extraordinaire ne bouleverse le roman.

Liam a 13 ans et a survécu à un cancer, pour se reposer de cette épreuve, il va dans un manoir isolé en pleine campagne. Tenu par un professeur des plus énigmatiques, Liam découvre des pensionnaires bien plus perturbés que lui. Le voilà qui doit se rétablir dans un asile de fous, en déduit-il. Mais, avec l’arrivée de la jolie Cléa, il passe outre leurs fantaisies. Jusqu’au jour où Liam doit faire face à ces éléments plus qu’étranges que le professeur cache…

J’ai immédiatement accroché avec le récit car le héros a un ton moqueur qui transforme son récit. Plutôt que de se plaindre, il cherche à comprendre, se dispute avec Léonidas et drague la nouvelle pensionnaire. L’ambiance fantastique du Manoir apparaît petit à petit et permet ainsi d’introduire deux types de récits : un léger et un plus occulte. On hésite sans cesse entre le rêve et la réalité avec ce héros caustique. Cela aurait été parfait si le roman n’était pas aussi prévisible, on comprend très vite de quoi il en retourne et on s’énerve devant le déni du protagoniste. Cela dit, on passe vite sur ces longueurs pour avancer dans notre lecture. Il faut dire que les personnages secondaires sont particulièrement bien réussis et leur grain de folie nous fait oublier notre exaspération envers le narrateur. Une lecture certes jeunesse mais très divertissante !

 

En bref

Apprécié
Non-apprécié
-          Ambiance : hésitation entre rêve et réalité dans un manoir plus qu’étrange
-          Les personnages : un héros caustique et des acolytes perturbants
-          Des flashback hors contexte qui changent agréablement avec le temps du récit
-          Des longueurs
-          Une fin vue par le lecteur trop longtemps avant la fin

 

Extrait

« Le jour se levait sur les Thermopyles, Xersès était dans son campement, en tenue de cérémonie, sans doute en train de supplier les dieux de lui accorder la victoire. Coutume bien étrange, car pratiquée par tous les peuples, et qui devait compliquer sérieusement la vie des dieux qu'on priait dans les deux camps. »

***

« Génial ! L’idée d’une société composée uniquement de guerriers et d’esclaves faisait vraiment rêver… Retour à la préhistoire, où celui qui ne savait pas se battre risquait sa peau à chaque coin de rue – enfin, de bois – s’il tombait sur un tigre à dents de sabre ou un mammouth énervé. Le genre de civilisation du muscle qui avait mis des centaines de milliers d’années à découvrir le feu parce qu’il n’y avait pas de place pour les penseurs. »

mercredi 15 mars 2017

Le Grand Saut



 Le grand saut par Hinckel
Auteur : Florence HINCKEL
 
Prix : 17E
 
Edition : Nathan

Résumé

A la Ciotat, Iris, Paul, Rébecca, Marion, Alex et Sam rentrent en Terminale. Ils se connaissent depuis la sixième. Une grande soirée organisée par Madeleine va tout faire basculer. Les différents problèmes amoureux ou familiaux des uns et des autres vont ressortir.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à adresser tous mes remerciements aux éditions Nathan pour ce service de presse.

 

Je ne connaissais HINCKEL que de réputation et malgré tout le bien que l’on m’a dit de U4, c’est que je n’étais absolument pas tentée par cette série. Mais là, il est vrai que ce résumé était plus dans mes références et donc que j’ai sauté sur l’occasion pour le lire. Dieu du ciel, je tiens mon 1er coup de cœur 2017 J

Iris, Paul, Rebecca, Marion, Alex et Sam se connaissent tous depuis la 6eme et forment une bande inséparable. Pourtant, dans cette année de terminale, les secrets et les problèmes familiaux se multiplient tandis que nos héros doivent apprendre à se connaître.

IRIS, la grande gueule de la bande, doit aussi apprendre à l’ouvrir pour déclarer ses sentiments à Paul ou au moins oser avouer qu’elle connait le secret de famille que sa mère cachait si bien.

PAUL doit gérer les problèmes de drogue de son frère et son antisémitisme tout en comprenant pourquoi il est incapable de se mettre en couple.

REBECCA, malgré tout son succès sur internet en tant que YouTubeuse beauté, doit aussi faire face à un manque d’estime en elle grandissant face aux insultes qu’elle subit quotidiennement.

MARION doit faire face à deux ruptures : celle de ses parents qui se disputent sans cesse mais aussi la rupture avec son petit-copain depuis 2 ans, qui est parti sans préavis.

ALEX et SAM tentent de sortir de l’âge ingrat pour se trouver une copine mais aussi se détacher de l’emprise de leurs parents.

 

Bien que le résumé n’ait rien de véritablement innovant, on accroche comme jamais avec ce récit de vie adolescentes. Grandeur et décadence pour nos ados et on se retrouve nous-mêmes dans nos jeunes années. Je ne sais pas comment HINCKEL s’est débrouillée mais elle trouve le mot juste, l’émotion juste, la réaction des personnages juste. Tout est juste, bordel ! Rien n’est idéalisé ou sur-joué comme ça peut l’être parfois dans les livres sur la vie adolescente. HINCKEL parle à notre cœur d’enfant pour nous replonger dans nos années bénites du lycée : on se souvient de nos angoisses liées au bac, de nos disputes parentales, de cette envie de partir, de nos sur-réactions amoureuses/amicales. Ce livre en évoque d’autres d’autre, tout aussi brillants comme Ma vie selon moi de JAOUI ou Le Soleil de Carla. Sans compter que l’auteure ajoute des secrets terribles mais plausibles au milieu des calanques : des morts, des mariages qui explosent, des abandons, handicap… Et y mêle des thèmes très contemporains : la montée du racisme et de l’intolérance, la drogue qui touche les quartiers les plus pauvres, les violences verbales faites aux femmes et la misogynie latente. Je ne ferais qu’un seul reproche à cette auteure : c’est au niveau des personnages. D’abord nous sommes perdus avec les changements de points de vue et ensuite, plus on s’avance dans la lecture, plus on se rend compte que Marion, Sam et Alex n’apparaissent que trop peu malgré leur énorme potentiel. Peut-être que le tome 2 va remédier à cela… En dépit de cela, on accroche très (trop !) bien au livre et aux personnages avec lesquels on a tendance à fusionner. Tant et si bien que, comme eux, on ne voit la fin venir que trop tard et nous sommes tout autant paralysé par la peur et le choc qu’eux et l’on n’attend qu’une chose : connaître la suite. A lire impérativement !!

 

En bref

Apprécié
Non-apprécié
-          Les personnages : émouvants, touchants et réels
-          L’écriture : HINCKEL sait trouver une justesse dans sa narration qui fait de ce livre un vrai récit sur l’adolescence
-          L’intrigue : pas d’exagération. Le scénario nous parle car on l’a connu
-          Trop de personnages donc 3 sont laissés de côté

 

Extrait

« J'en ai super marre qu'on doive se conduire en adulte quand ça arrange les adultes, et qu'on doive se conduire en enfant quand ça les dérange ! Elle est où, notre marge de manœuvre, dans tout ça, hein ? »

« - Tu aimes vraiment ça, la bière ? demanda-t-elle. Moi, je trouve ça trop amer.
- La vie entière est amère, répliqua Paul. »

 

A savoir

Le tome 2 devrait paraître incessamment sous peu : à la rentrée 2017, pour être exacte. Je n’ai pas encore trouvé de résumé ou de couverture…

Si vous aimez ce genre de récits, pleins de tendresse et d’adolescents, vous pouvez lire :

-          La vie selon moi de Sylvaine JAOUI

-          Toi, moi + tous les autres de Sylvaine JAOUI : http://lecturesdunenuit.blogspot.fr/2016/05/mes-amis-mes-amours-t1-toi-moi-les.html

 

-          Le soleil de Carla de Camille POUZOL : http://lecturesdunenuit.blogspot.fr/2016/08/le-soleil-de-carla.html